Dans l’estuaire de Seine les projets destructeurs d’espaces naturels continuent

500 nouveaux hectares de zone humide d’une richesse inégalée sont voués à disparaître dans l’estuaire de Seine si le projet « prolongement grand canal » du grand port maritime du Havre se réalise avec le démarrage prévu des travaux en 2011. Après les 1000 hectares de zone humide qui ont été sacrifiées pour la construction de Port 2000, la voracité du grand port maritime du Havre est de nouveau en marche.
La zone de la mare plate en question constitue une véritable richesse biologique. En effet près de 200 espèces patrimoniales, insectes, amphibiens, plantes, oiseaux, mammifères ont trouvé refuge dans cet espace naturel remarquable. La liste (voir les études faune et flore réalisées dans le cadre du projet site : http://www.debatpublic-prolongementdugrandcanalduhavre.org/documents/etudes-preliminaires.html) est longue de la prodigieuse biodiversité qui existe dans cette zone convoitée par le port du Havre pour y mettre ces conteneurs.

2010 est l’année de la biodiversité et pourtant le port du Havre envisage de bétonner et de détruire à jamais la zone la plus riche de l’estuaire au nom du grenelle de l’environnement (voir cahier d’acteurs de SOS ESTUAIRE http://www.debatpublic-prolongementdugrandcanalduhavre.org/documents/consultation-cahier-acteurs.html) pour y stocker des conteneurs de produits fabriqués à des milliers de km dans des conditions sociales et environnementales que tout le monde sait désastreuses.

Est-ce cela le progrès dont s’entichent nos décideurs économiques soutenus par la plupart des politiques et le préfet ? Dans quelle monde vivons nous ?

Mais rien n’est joué d’avance !!!!

Le collectif associatif se mobilise pour sauver cette zone unique et organise le dimanche 31 janvier à 10H (voir tract, affiches et plan en pièce jointe) une randonnée médiatisée à l’occasion des journées internationales de protection des zones humides. Rien n’est écrit, et nous savons que l’action est indispensable pour que d’autres choix écologiques et économiquement durables s’imposent.

La mobilisation des citoyens est donc absolument vitale pour que cette zone continue d’exister et pour la protéger définitivement des bulldozers et des pelleteuses du port du Havre (nous demandons que cette zone soit inclue dans la réserve naturelle de l’estuaire de Seine).

Si vous ne pouvez venir toute la journée, n’hésitez pas à venir vous joindre à la marche matinale dans cette zone car le nombre de manifestants pèsera lourd lors de la décision finale. Nous comptons sur vous pour relayer l’information afin qu’une chape de béton et des conteneurs ne remplacent pas l’exceptionnelle richesse faunistique et floristique de la zone de la mare plate.

Après la manifestation vers 12H30, pour ceux et celles qui pourront rester toute la journée, nous nous rendrons pour manger dans la salle municipale de ST VIGOR et nous assisterons vers 14H30 au film/débat sur les richesses écologiques de l’estuaire de Seine.

Faisons de cette journée un grand moment de mobilisation pour la biodiversité !

Patrice BONAY
vice-président de SOS ESTUAIRE
06 16 70 41 90

Protégeons notre planète et la biodiversité qu’elle héberge. L’estuaire de la seine est une zone riche et rare en France où le moindre espace vierge (qui ne veut pas dire vide !) est utilisé pour le bien d’une industrie qui ne partage pas ses bénéfices mais qui partage les ravages sur la nature. Comme les associations organisatrices, soutenons le combat !

UPDATE : C’est avec joie que j’ajoute quelques détail à cet article. En effet cette manifestation-promenade promet d’être suivit, des blogueurs influents de la région ont relayé l’information ! Rejoignez-nous pour participer à cette découverte. En plus de votre serviteur et sa petite famille, vous pourrez échanger des idées et des observations avec Jérome d’Univers-Nature, lui aussi avec sa famille ainsi qu’avec Claude Taleb, homme politique écologiste de Rouen ,Laetitia de SaintPierre Express et Olivier de Voie Militante. D’ailleur, à ce sujet, vous pouvez voir la très instructive vidéo d’Univers-Nature :

Pour finir, suite à de nombreuses réactions sur le sujet (ici comme sur AgoraVox) je tiens à préciser que cette démarche pacifique ne vise pas à empêcher le port de s’agrandir et ainsi de donner des emplois aux havrais, mais qu’elle cherche à expliquer aux décideurs qu’il est important de prendre en compte notre environnement dans leurs projets. Ce qui n’a malheureusement pas du tout été fait ici puisque d’autres projets ont été proposés…

source : LGV

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livre à ce sujet : L’estuaire de la Seine : Milieux naturels faune et flore

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13 Réponses

  1. L’homme a toujours été le « super-prédateur » de la nature. Je vais parler à mon niveau, et non aller chercher des arguments des un, ou des autres.
    Si on regarde l’histoire du Havre, l’emplacement quelle occupe était le lit de la seine au 13ème siècle, puis ce fut les premiers envasements qui décidèrent François 1er à bâtir ce qui deviendra Le Havre. En suite, de Graville à Tancarville ce n’était que le lit de la seine, sans marais je le précise.
    La période la plus faste fut incontestablement le 19ème siècle, où les marais et sa biodiversité était la plus importante.
    L’homme a pris possession petit à petit de cet espace vierge (de construction s’entend). Avec les moyens mécaniques actuels, cette « invasion » est rendu encore plus facile. Mais ne nous y trompons pas, si l’homme avait laissé faire la nature, un jour où l’autre ces marais auraient disparus d’eux même. Tel est la « loi » de la nature elle-même.
    Il y a quelques années, un scientifique du C.N.R.S. était venu nous faire une conférence au muséum d’histoire naturelle. A l’aide de photos satellites et d’étude sur le terrain, il avait simplement dit, si je puis dire, que ce que la nature aurait fait des ces marais en quelques années, peut être quelques décennies, l’homme l’aurait accomplie en quelques mois. Là est la seule différence.
    Est-ce une raison, pour ne rien faire ? Non bien sûr. Mais d’une manière ou d’une autre il n’y a plus grand chose à faire pour préservé ces marais et zone naturelles. A moins de maintenir artificiellement ces zones en zones naturelles.
    Mes propos ont l’air contradictoires mais ne le sont nullement. Nous ne raisonnons qu’à l’échelle humaine. Si nous raisonnons à l’échelle de la nature, ces marais disparaitraient à un moment donné. Par contre, si avec des moyens colossaux, on maintient ces zones telles qu’on voudraient quelles restes, alors, pas de doute, il faut tout faire et se donner les moyens pour que ce « combat » soit victorieux !

    • Tout à fait d’accord, Dan ! Comme d’habitude, merci pour ces précisions très utiles. Il ne faut pas tomber dans l’absolu. L’homme fait aussi partie de la biodiversité. On ne peut l’empêcher de vivre pour préserver les autres êtres vivants. Il est important de tenter de faire une place à tous. Pour l’estuaire de la seine et les zones marécageuses, effectivement ceux-ci étaient voués à l’assèchement. Mais à long terme. C’est là qu’est le problème : Depuis l’industrialisation (et même avant avec l’exemple des Landes) l’homme construits sur ces zones inutiles. Hors on se rend compte aujourd’hui que ces zones humides marécageuses sont très riches et importantes pour la filtration des eaux usées. Ainsi l’homme n’a qu’accéléré le mouvement. Le problème est qu’il n’y a plus de marécages : nous avons détruit ceux qui existaient et rendu impossible la création naturelle des suivants. Aussi, même s’il est idiot de lutter contre une chose ineluctable, il est important de tenter de protéger les ecosystèmes existants. Il est aisé de se rendre compte du phénomènes : où sont les mares d’antant ? où sont les libellules et les grenouilles que nous pêchions enfants à l’aide d’un petit ruban rouge ?

  2. Excellent, je serais présent

  3. Bonne manif.
    Les espaces naturels ont vraiment besoin d’être protégés et qu’on les défende.

  4. J’ai gravé cette date pour y être mais avant , je vais en parler sur mon blog …!
    Marco

  5. Bravo pour votre combat : on essaiera d’y être !

  6. Il y aura peut-être dans quelques années un dégazage
    fait par « inadvertance » ! Le coupable sera pris bien sûr… grosse amende payée… mais quel heureux hasard, il n’y avait plus de places pour les conteneurs ! et si on utilisait la place jadis occupée par des saloperies de plantes et d’oiseaux…
    Ainsi sera fait ?
    Vivent faune et flore !

  7. Salut Cédric, pour ma part il me semble illusoire de bloquer une expansion portuaire nécessaire à la vie économique d’une ville qui peine à évoluer depuis des décennies. Bien entendu cela ne doit pas aboutir à la destruction de notre écosystème déjà bien mis à mal par notre style de vie. Ma question est la suivante, quelle alternative peut être envisagée qui épargnerait tout ou partie de la zone menacée et qui permettrait au port du Havre de continuer sa croissance sans laquelle il sera voué à disparaitre et tout l’économie de la ville avec ?

    Roro

    • Effectivement, c’est important ! Nous faisons nous aussi partie de cet écosystème à protéger et il est important de ne pas faire disparaitre l’homme en protégeant la biosphère qui l’entoure. Ce qui est choquant ici, c’est que la nature n’est pas du tout pris en compte. Avec l’excuse de surcoûts, les projets proposés qui permettaient de conserver la riche biodiversité et l’expansion du port ont été rejetés sans débats. Le problème est la non prise en compte totale de l’environnement dans les décisions. Ce projet est décrié par les écologistes, mais aussi par les travailleurs du port qui regrette un allongement du canal vers des lieux à construire. En effet la zone devrai en principal être logistique (sans besoin de proximité avec les bateaux comme par exemple CMA qui a quitté les quais pour s’implanter en ville). De plus le projet aurait pu être fait en respectant la nature puisqu’un léger détour (plus cher bien sur !) aurait permis de ménager la chèvre et le choux, mais que nenni le port et la ville n’ont que faire de la biosphère, puisqu’elle ne rapporte pas, pire elle coûte. Pourtant on sait tous aujourd’hui que le coût sur la planète est énorme et qu’il faudra bien le payer un jour…

    • PS: Je rajouterai (quitte à ne pas me faire que des amis) qu’aujourd’hui, si les bateaux ne viennent pas, ce n’est pas parce que le port est trop petit ou trop lent (à cause des écluses) mais bien parce que les grèves et blocages à répétition rendent incertain le temps d’escale. Et les compagnies préfèrent aller en Angleterre ou pousser jusqu’à Rotterdam plus sûr !

  8. S’il y a un projet alternatif, c’est dommage qu’il ne soit pas mis en place, ce n’est quand même pas comme s’il n’y avait pas d’autre solution.

  9. Bonjour,

    J’ai remarqué une photo sur votre blog que j’aimerai utiliser pour une affiche concernant des démarches éco-citoyennes de nettoyage de l’estuaire de Seine, que la Maison de l’estuaire et notre association Simohé allons organisés cet été.
    J’aurais voulu connaître l’auteur et qu’il me permette de l’utiliser libre de droits car malheureusement nous n’avons aucun budget.

    En vous remerciant par avance,
    Stéphanie

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